Autour de René Daumal

 « Le monument par excellence de l’Inde antique, c’est sa langue. C’est dans la matière verbale que les vieux Hindous ont taillé leurs Pyramides, leurs Sphinx, leurs Zikkurats, leurs Parthénons.

La langue sanscroutane (comme disaient les premiers Français qui revinrent de là-bas, déformant moins le mot que nous ne le faisons en prononçant sanskrit) est la langue « construite », « ouvragée » - lingua confecta, je dirais presque concreta – et, dans un autre sens aussi usuel du terme, « consacrée », langue portant dans ses moindres articulations la marque d’un travail conscient, d’une élaboration volontaire ; presque aussi loin de nos langues « naturelles » (prakrites) que celles-ci des cris des animaux.

Très anciennement déjà, les sciences et les arts du langage avaient atteint dans l’Inde un point de perfection unique dans l’histoire des langues et de la linguistique. Sur les six sciences annexes qui sont étroitement liées au Veda, quatre ont pour objet le langage : Phonétique, Grammaire, Lexicologie, Métrique (les deux autres étant l’Astronomie et le Rituel). Dès lors sinon avant, les arts du langage sont des arts traditionnels.

J’appellerai ici tradition la manière dont une civilisation fait servir à son but le plus haut tous les savoirs et savoir-faire. Ce but, pour les sages de l’Inde de toute secte et de toute époque, c’est la libération (moksha) ; c’est-à-dire d’abord connaître les mécanismes qui nous entraînent dans le cercle vicieux de l’existence (samsara), cesser de s’identifier avec eux, par la « connaissance qui sépare » (viveka), se connaître et se réaliser comme une personne (purusha), être « soi » (atman), le but dernier ne pouvant d’ailleurs être défini que par négation de tous les autres : « non, non » (neti, neti). Or, les sciences du langage figurent premières parmi les moyens de libération.» 

 

René DAUMAL, La langue sanskrite, Grammaire Poésie Théâtre, Éditions Jack Daumal et Société des amis de René Daumal, 1985, p.7.

 

 

 

Centenaire

René Daumal  

 

1908-2008

 

● Conférences à la Halle Saint Pierre à Paris du 6 au 16 mars 2008


● SOIRÉE SPÉCIALE AVEC PATTI SMITH  

   Café LE ROUQUET - Paris - 15 mars 2008 - 21h

 

René Daumal ou le perpétuel incandescent (Collectif), Le Bois d'Orion, 2008.  

 

 

«When I reviewed Pierre Bonnasse's
The Magic Language of the Fourth Way (Inner Traditions, 2008),
I stressed Bonnasse's indebtedness to Daumal's "magical" writings and visions. I know of no finer or deeper contemporary tribute 
to the worth of Daumal's life than Bonnasse's words.»


John Robert Colombo (source)

SÉLECTION D'ARTICLES

 

« L'éveil est un acte. René Daumal et le Travail sur soi. » in René Daumal ou le perpétuel incandescent (Collectif), Le Bois d'Orion, 2008.  

 

● « Travail, famille et confrérie: de la relation père-fils et du dessein de l'éducation dans l'œuvre de G. I. Gurdjieff » in Les relations familiales (actes du colloque d'Amsterdam en 2006), L'Harmattan, 2008.  

 

« Le goût du gigot. La transmission de l’œuvre de sagesse de G. I. Gurdjieff » in Le livre de sagesse (actes du colloque de Metz en 2006), Peter Lang, 2008. 

 

« René Daumal, l'inventeur du Grand Jeu », Nouvelles Clés n° 56, hiver 2007

 

« La quête de conscience dans l'enseignement de la Quatrième Voie ou l'acte d'éveil : des écrivains au Travail », in Les voix de l'éveil, Ecritures et expérience spirituelle (actes du colloque de Pau en 2006), L'Harmattan, 2009.

 

« Les Danses Sacrées ou le Mouvement dans l’évolution du potentiel humain », Tao Yin Magazine, décembre 2005.

 

● «Le Travail du poète, un yoga de l'écriture», entretien avec Pierre Bonnasse réalisé par Roberto Capuano, Université de Cassino, Italie, février 2008.

 

● « Hommage à René Daumal », performance poétique réalisée avec Patti Smith et filmée par Jem Cohen à l’occasion du Centenaire Daumal dans le cadre d’une soirée organisée par la Fondation Cartier [archives Jem Cohen & Fondation Cartier pour l’Art Contemporain], 15 mars 2008.

 

Guido Mattia Gallerani, « Pierre Bonnasse, l’ombre du poète et l’éclair de l’écriture», in Pierre Bonnasse, Soif de Soleil, Poèmes choisis 1999-2009 (Sete del Sole, Poesie scelte 1999-2009), Kolibris Edizioni, 2009. Postface traduite de l’italien par Guido Mattia Gallerani et Karina Bharucha. 

 

Roberto Capuano, « En direction du Soleil : Poésie noire, Poésie blanche, Poésie Totale », in Pierre Bonnasse, Soif de Soleil, Poèmes choisis 1999-2009 (Sete del Sole, Poesie scelte 1999-2009), Kolibris Edizioni, 2009. Préface traduite de l’italien par Roberto Capuano et Karina Bharucha.

 

 ● Federico Iarlori, « Parola perduta, parola ritrovata, parola presente: riflessioni sull'autentica libertà della parola piena da René Daumal a Pierre Bonnasse », Università di Milano, 2006.

Photographie de Patti Smith - 15 mars 2008

 

 

« (...) La poésie, pour Bonnasse et pour Daumal, règne sur la structure du langage afin de le diriger à l’élan de l’écriture, vers une expression globale et idéale de ce que, nous devrions atteindre. Elle traîne le langage ordinaire vers un cri de révélation et d’authenticité réclamée. L’ombre du poète blanc se fait de plus en plus dissoute, effacée, moins troublante, parce que sa lumière devient forte et puissante. Il n’a plus de source derrière lui. Il est sa propre source de lumière. Comme Peter Pan, son ombre se détache alors de lui-même et il peut la regarder en face, comme un Maître.»

Guido Mattia Gallerani

 

(« Pierre Bonnasse, l’ombre du poète et l’éclair de l’écriture»)

«Sa pluie de poèmes est bien le fruit d'un parcours intiatique dans des spiritualités
aussi bien occidentales qu'orientales, et cet aspect visionnaire de son inspiration
le rapproche comme naturellement de René Daumal
dont il deviendra peut-être l’un des rares enfants spirituels.»


"Pierre Bonnasse, en quêteur passionné",
par Jean-Luc Maxence

(La Chaîne d'Union n° 36, printemps 2006)